Sólo la música que me gusta, me llega, me parece necesaria. Toda esa música que, con frecuencia, los medios se empeñan en impedir que escuchemos, pese a que, con mucha frecuencia, es la más valiosa.
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domingo, 14 de marzo de 2010

Francia, conmovida por la muerte de Jean Ferrat

Apenas en 24 horas, después de que le noticia de la muerte de Jean Ferrat fuera conocida públicamente ayer, su canción 'Ma France', que subí el 18 de diciembre de 2007 a 'Youtube', ha sido reproducida unas 20.000 veces, sobrepasando ya las 185.000 escuchas totales.

Los comentarios, en los que generalmente se subraya el sentimiento de pérdida por el fallecimiento de este gran artista, son 58 en estos momentos.Gracias, precisamente, a esos comentarios conocí ayer la noticia. Hoy reproduzco algunos de los testimonios más relevantes recibidos, que revelan los sentimientos comunes.


Sirkadoubs
Mon frère, mon ami, mon camarade, Jean,
pour partir tu n'as pas attendu le printemps.
Maintenant que serai-je sans toi
sans le bonheur de te savoir là?

Qui sera là pour défendre les opprimés
tous ceux que le bonheur a oublié?
J'espère que l'écho de la montagne résonnera
longtemps du clair printemps de ta voix.

Je t'aime a en perdre la raison
et mon hymne national ce sont tes chansons.
Je ne te dis pas adieu mais au revoir
car je t'écouterai du matin au soir.

Brandoseba

Merci Jean Ferrat, t'es un grand. J'ai 18 ans et tes chansons à textes d'amour me feront toujours pleurer.

Clairekaas

On ne l'oubliera jamais, Jean Ferrat était un poète, un immense artiste, qui nous laisse de merveilleuses chansons, une voix que j'aimais tant!! Il sera toujours là avec nous, justement grâce à ses chansons, et à nous tous qui continuerons de parler de lui et à des artistes, comme Isabelle Aubret qui interprète avec tant de talent, d'une voix magnifique les chansons de Jean Ferrat! On vient de perdre un Grand Monsieur de la Chanson.
Salut l'Artiste on pensera toujours à toi.

Lucievie

Bonsoir Tierra. En cette triste journée, ma pensée va vers le monde des vrais artistes, car tu semblais l'apprécier notre grand Jean. Le temps nous file entre les doigts. Je t'adresse toute ma sympathie. Ce soir je n'ai pas envie de faire de l'humour. Donc, je t'envoie cet enregistrement. Je t'embrasse et t'assure de ma sympathie. Dès que je me me rétablis, je t'enverrai un message un plu élaboré.
A très bientôt,


MrBNOY

Je souhaite rendre un très grand hommage à ce grand homme que nous avons pu compter parmi nos citoyens! Très grand homme! Mon coloc et moi le regrettons amèrement! D'ailleurs ces derniers temps, nous parlions de partir en Ardèche pour avoir l'honneur de faire une des rencontres de notre vie! Dommage de venir en Ardéche dans ces conditions, bien qu'il ne soit jamais trop tard pour rendre hommage à quelqu'un d'aussi prestigieux! Paix à cette belle âme!


Bodega53

Que dire, quelle tristesse... Je vous aime depuis longtemps, j'ai eu la chance de vous voir plusieurs fois en spectacles. Rien n'égalera "Ma France", "Nuit et Brouillard" ou encore, dans les moins connues, "Oural, Ouralou" ou "Tu verras, tu seras bien", et "La montagne" bien sûr... Chapeau bas l'artiste. Je vous regretterais Monsieur FERRAT mais continuerai (comme tant d'autres) à vous faire vivre en écoutant vos chansons. Tout mon respect, merci pour vos chefs d'oeuvre... A toujours...

Carlotta35600
Il y a des êtres qui vous touchent bien plus que les autres ... Ce soir je pleure, je pleure cet homme merveilleux qui a su si bien écrire ce que nous pouvons tous ressentir ... Nous aurions aimé vous garder toujours, mais vous nous laissez tristes et amères, mais avec votre trésor, celui qui fait le patrimoine de notre France.

No han faltado tampoco quienes, desde la ignorancia y el odio sectario, han querido escupir sobre el cadáver, calificando a Ferrat de 'stalinista' y atribuyéndole una complicidad que nunca existió con los crímenes del comunismo soviético. A partir de la represión de 'la primavera de Praga' el cantautor simpatizante -que no militante- del PCF marcó distancias definitivas, no sólo condenando aquel hecho en su canción 'Camarade', sino rechazando toda disculpa de los errores cometidos. Su respuesta en la canción 'Le bilan' a la afirmación del líder del PCF, Georges Marchais, que hablaba de un "balance positivo", pese a los errores, no deja lugar a dudas.

Le bilan



Ah ils nous en ont fait avaler des couleuvres
De Prague à Budapest de Sofia à Moscou
Les staliniens zélés qui mettaient tout en oeuvre
Pour vous faire signer les aveux les plus fous
Vous aviez combattu partout la bête immonde
Des brigades d’Espagne à celles des maquis
Votre jeunesse était l’histoire de ce monde
Vous aviez nom Kostov ou London ou Slansky

[Estibillo] Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Ah ils nous en ont fait applaudir des injures
Des complots déjoués des dénonciations
Des traîtres démasqués des procès sans bavures
Des bagnes mérités des justes pendaisons
Ah comme on y a cru aux déviationnistes
Aux savants décadents aux écrivains espions
Aux sionistes bourgeois aux renégats titistes
Aux calmniateurs de la révolution
[Estibillo]

Ah ils nous en ont fait approuver des massacres
Que certains continuent d’appeler des erreurs
Une erreur c’est facile comme un et deux font quatre
Pour barrer d’un seul trait des années de terreur
Ce socialisme était une caricature
Si les temps on changé des ombres sont restées
J’en garde au fond du coeur la sombre meurtrissure
Dans ma bouche à jamais le soif de vérité.
[Estibillo]

Mais quand j’entends parler de "bilan" positif
Je ne peux m’empêcher de penser à quel prix
Et ces millions de morts qui forment le passif
C’est à eux qu’il faudrait demander leur avis
N’exigez pas de moi une âme de comptable
Pour chanter au présent ce siècle tragédie
Les acquis proposés comme dessous de table
Les cadavres passés en pertes et profits

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle pas à pas humblement
Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement
Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts et grands sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la terre et du ciel

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui

Traducción:
Ah! ellos nos han hecho tragar sapos/ de Praga a Budapest, de Sofia a Moscú/ los stalinistas afanosos que lo intentaban todo/ para haceros firmar las confesiones más locas./ Vosotros habíais combatido en todas partes a la bestia inmunda,/ de las brigadas de España a las de los maquis,/ vuestra juventud era la historia de este mundo,/ vosotros os llamábais Kostov, London o Slansky.
[Estribillo] En nombre del ideal que nos hacía combatir/ y que nos empuja todavía a batirnos hoy

Ah! nos han hecho aplaudir las injurias/ de los complós desbaratados, de las denuncias,/ de los traidores desenmascarados, de los procesos sin mancha,/ de las prisiones merecidas, de los justos ahorcamientos./ Ah! cómo hemos creído en los desviacionistas,/ en los sabios decadentes, en los escritores espías,/ en los sionistas burgueses, en los renegados titistas,/ en los calumniadores de la revolución.
[Estribillo]

Ah! nos han hecho aprobar masacres/ que algunos continuan llamando errores./ Un error es fácil como uno y dos son cuatro/ para tachar de un plumazo años de terror./ Este socialismo era una caricatura./ Si los tiempos han cambiado las sombras permanecen./ Yo guardo en el fondo del corazón el oscuro hematoma./ En mi boca, para siempre, la sed de verdad.
[Estribillo]

Pero cuando oigo hablar de "balance" positivo/ no puedo evitar pensar a qué precio/ y en esos millones de muertos que forman el pasivo./ Es a ellos a los que habría que preguntar su opinión./ No exijáis de mi un alma contable/ para cantar en presente este siglo tragedia,/ las compras propuestas como sobornos/ los cadáveres pasados a pérdidas y beneficios.
[Estribillo]

Es otro porvenir lo que hay que reinventar/ sin ídolo ni modelo paso a paso humildemente/ sin verdad acotada sin mañanas que cantan/ una felicidad inventada definitivamente./ Un porvenir naciente con un poco menos de sufrimiento/ con nuestros ojos abiertos y grandes sobre lo real./ Un porvenir conducido por nuestra vigilancia/ hacia todos los poderes de la tierra y el cielo.
[Estribillo]

P. S.: 48 horas después de la noticia del deceso casi 50.000 personas han visto el vídeo de 'Ma France'.

sábado, 13 de marzo de 2010

Muere el cantautor francés Jean Ferrat



El cantautor francés Jean Ferrat ha muerto hoy, a los 79 años, en La Ardéche, donde vivía retirado desde 1981, año en que murió su mujer, Christine Sèvres. A su lugar de residencia dedicó una de sus canciones más conocidas, ‘La Montagne’.

Jean Ferrat (27-12-1930), cuyo nombre real es Jean Tenenbaum, tuvo una infancia amarga. Su padre, judío, fue deportado por los alemanes y murió en Auschwitz. El trabajo fue para él una precoz experiencia y los partisanos comunistas, la única referencia coherente de rechazo al invasor nazi en la Francia claudicante e indigna de Vichy.

Jean Ferrat tal vez sea el más desconocido en España de los cantautores mayores (por calidad) de Francia. La razón fundamental de tal desconocimiento -indiferencia aparte- es que durante la fase más activa de su carrera, cuando aún cantaba en directo, coincidió con la dictadura franquista. Sus discos, en tanto que simpatizante confeso y coherente del PCF, estaban prohibidos en nuestro país.

Quizás esa sea la razón de que no exista en el Internet castellano una biografía digna de tal nombre del cantante y compositor galo, que también tuvo que soportar en su propio país la marginación de la televisión y la radio y cierta carencia de promoción, lo cual no impidió su popularidad.

Ferrat obtiene su primer éxito en 1960 con ‘Ma môme’. Contenido e íntimo, no se siente cómodo ante las multitudes ni disfruta la vorágine de las giras. Tal vez por ello, en 1972 traslada su domicilio a un pequeño pueblo de la Ardéche y deja de actuar en público.

Quiere apartarse y vivir su vida personal lejos de los agobios y la expectación de París. La suya no es una retirada definitiva, pues seguirá componiendo canciones y grabando discos, aunque de modo cada vez más esporádico, magníficas canciones que son acogidas por un público fiel.

Ferrat era un excelente letrista y compositor, que gozaba de una voz privilegiada, grave y plena. El conjunto de su obra, regrabada y editada en 1980 en una compilación de doce discos a la que han seguido otras, le muestra inequívocamente como uno de las ‘grandes’ de la canción francesa.

Nuit et brouillard (Noche y niebla, el mismo título de una película de Alain Resnais de 1955), publicada por primera vez en 1963 aborda las deportaciones realizadas por los nazis y el gobierno de Vichy durante la segunda guerra mundial y es, junto con La Montagne, Camarade, Les yeux d’Elsa, Aimer à perdre la raison y tantas otras, una evidencia incontestable de por qué Jean Ferrat debe ser conocido y reconocido.

Nuit et brouillard

domingo, 13 de mayo de 2007

Jean Ferrat: Nuit et brouillard




Jean Ferrat tal vez sea el más desconocido en España de los cantautores mayores (por calidad) de Francia. La razón fundamental de tal desconocimiento -indiferencia aparte- es que durante la fase más activa de su carrera, cuando aún cantaba en directo, coincidió con la dictadura franquista. Sus discos, en tanto que militante confeso y coherente del PCF, estaban prohibidos en nuestro país.

Quizás esa sea la razón de que no exista en el Internet castellano una biografía digna de tal nombre (ver en francés) del cantante y compositor galo, que también tuvo que soportar en su propio país la marginación de la televisión y la radio y cierta carencia de promoción, lo cual no impidió su éxito.

Coetáneo de Jacques Brel, el éxito se le resiste más que al belga, que graba su primer disco en 1953 mientras Ferrat no lo hace hasta 1958. En 1957 Brel alcanza la popularidad con ‘Quand on n’a que l’amour’. Ferrat le sigue en 1960 con ‘Ma môme’. Son, en cualquier caso, dos artistas muy diferentes. Expansivo y algo excesivo Brel, un auténtico ‘animal’ de la escena. Ferrat, contenido e íntimo, no se siente cómodo ante las multitudes ni disfruta la vorágine de las giras, que para Brel son una droga.

Ambos coinciden en su prematura retirada de los escenarios. Brel lo hace en 1967, a los 38 años, tras una gira de despedida interminable e inolvidable, aparentemente movido por el deseo de “no engañar” a su público con canciones interpretadas sin sentimiento a fuerza de ser repetidas. Para Ferrat, el retiro, que lleva a cabo en 1972 trasladando su domicilio a un pequeño pueblo de la Ardéche, obedece a una opción de filosofía vital. Quiere apartarse y vivir su vida personal lejos de los agobios y la expectación de París.

Pero si para Brel, que muere en 1978, la despedida es prácticamente definitiva, no es así para Ferrat, que seguirá componiendo y grabando, aunque de modo cada vez más esporádico, magníficas canciones que son acogidas por un público fiel.

Ferrat es un excelente letrista y compositor, que goza de una voz privilegiada, grave y plena. El conjunto de su obra, regrabada y editada en 1980 en una compilación de doce discos a la que han seguido otras, le muestra inequívocamente como uno de las ‘grandes’ de la canción francesa.

Nuit et brouillard (Noche y niebla, el mismo título de una película de Alain Resnais de 1955), publicada por primera vez en 1963, es, junto con La Montagne, Camarade, Les yeux d’Elsa, Aimer à perdre la raison y tantas otras, una evidencia incontestable de por qué Jean Ferrat debe ser conocido y reconocido.

Ver letra en francés (aquí)

Traducción:

Ellos eran veinte y cien, ellos eran millares/ Desnudos y delgados, trémulos, en aquellos vagones sellados/ Que desgarraban la noche con sus uñas batientes/ Ellos eran millares, ellos eran veinte y cien.

Se creían hombres, no eran más que números/ Su suerte estaba echada desde hacía mucho tiempo/ Cuando la mano vuelve a caer no queda más que una sombra/ Ellos no debían volver a ver un verano jamás.

La huída monótona y sin prisa por el tiempo/ Sobrevivir aún un día, una hora, obstinadamente/ Cuántos giros de ruedas, paradas y salidas/ Que no acaban de destilar la esperanza.

Se llamaban Jean-Pierre, Natacha o Samuel/ Algunos rezaban a Jesús, Jehová o Visnú/ Otros no rezaban, pero qué importa el cielo/ Querían simplemente no vivir más de rodillas.

No llegaban todos al fin del viaje/ Los que han regresado ¿pueden ser felices?/ Intentan olvidar, sorprendidos de que a su edad/ Las venas de sus brazos se hayan hecho tan azules.

Los alemanes vigilaban de lo alto de las torretas/ La luna se callaba como callabais vosotros/ Mirando a lo lejos, mirando fuera/ Vuestra carne era tierna para sus perros policías.

Me dicen ahora que estas palabras no tienen validez/ Que es mejor no cantar más que canciones de amor/ Que la sangre seca rápidamente al entrar en la historia/ Y que no sirve para nada coger una guitarra.

¿Pero quién tiene talla para poder pararme?/ La sombra se ha hecho humana, hoy es el verano/ Twistearé (*) las palabras si fuera preciso twistearlas/ Para que un día los niños sepan quienes fuisteis.

Erais veinte y cien, vosotros erais millares/ Desnudos y delgados, trémulos, en aquellos vagones sellados/ Que desgarrabais la noche con vuestras uñas batientes/ Erais millares, erais veinte y cien.

(*) La canción fue publicada en 1963, en pleno éxito del efímero ritmo llamado 'twist'.

domingo, 6 de mayo de 2007

Jean Ferrat: 'Ma France'



Jean Ferrat (27-12-1930), cuyo nombre real es Jean Tenenbaum, tuvo una infancia amarga. Su padre, judío, fue deportado por los alemanes y murió en Auschwitz. El trabajo fue para él una precoz experiencia y los partisanos comunistas, la única referencia coherente de rechazo al invasor nazi en la Francia claudicante e indigna de Vichy.
Próximamente entraremos más a fondo en su biografía, pues es mi propósito comentar su emblemática canción “Nuit et brouillard”. Hoy he querido evocar su visión nada complaciente de Francia, a cuya burguesía apostrofa sin piedad. Ferrat es el último vestigio de una generación de grandes cantantes-compositores galos cuyas luminarias mayores (Brel, Brassens, Ferré) han desaparecido. Ellos asociaron poesía, música e ideología de un modo inédito y tal vez, desgraciadamente, irrepetible.
Por supuesto: la elección de este tema, Ma France, no es casual. Francia decide hoy su futuro en las urnas. El dato de participación a las cinco de la tarde (75,11%) no deja lugar a dudas acerca de la consciencia que los franceses tienen de lo crucial de este relevo que decide entre lo-mismo-o-peor que antes y la esperanza de un cambio en fondo y forma de una república obsoleta.
Francia necesita un cambio y Europa necesita que Francia cambie.
De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes-saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France.

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des
genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France.

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma
France
Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France
Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France.

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France.
Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

De llanuras a bosques, de valles a colinas/ De la primavera que va a nacer a tus estaciones muertas/ De lo que yo he vivido a lo que imagino/ Yo no acabaría de escribir tu canción/ Mi Francia.
Bajo el gran sol del verano que curva la Provenza/ De las retamas de Bretaña a los brezos de Ardèche/ Algo en el aire tiene esa transparencia/ Y Ese gusto de felicidad que me seca el labio/ Mi Francia.
Este aire de libertad más allá de las fronteras/ En los pueblos extranjeros que daban vértigo/ Y de los que hoy usurpáis el prestigio/ Ella responde siempre con el nombre de Robespierre/ Mi Francia.
La del Viejo Hugo (1) tonante de su exilio/ De los niños de cinco años trabajando en las minas/ La que construyó con sus manos vuestra fábricas/ Aquella de la que el señor Thiers (2) dijo “que la fusilen”/ Mi Francia.
Picasso sostiene el mundo con la punta de su paleta/ De los labios de Éluard (3) alzan el vuelo palomas/ No cesan de decir tus artistas profetas/ Que ya es hora de que la desgracia sucumba/ Mi Francia.
Sus voces se multiplican hasta formar sólo una/ La que paga siempre vuestros crímenes, vuestros errores/ Abarrotando la historia y sus fosas comunes/ Que yo canto por siempre, la de los trabajadores/ Mi Francia.
La que no posee en oro más que sus noches en blanco/ Para la lucha obstinada de este tiempo cotidiano/ Del periódico que se vende la mañana de un domingo/ Al cartel que se pega en el muro del mañana/ Mi Francia.

Que ascienda de las minas, descienda de las colinas/ La que canta en mi, la bella, la rebelde/ Sostiene el porvenir apretado en sus manos finas/ La de treinta y seis a sesenta y ocho candelas/ Mi Francia.
(1) Se refiere al escritor Victor Hugo.
(2) Paul Eluard, poeta.
(3) Adolphe Thiers, responsable de la brutal represión de La Comuna de París.